MAY B

Danse


MAGUY MARIN


Il n’y a guère de spectacles dont on puisse dire sans risquer le ridicule qu’ils sont devenus légendaires. Créé en 1981, May B est du nombre. Avec lui, Maguy Marin a donné à une danse contemporaine française encore hésitante, un propos, un horizon possibles. À l’égal du comédien, le danseur allait pouvoir exprimer, esthétiquement, politiquement, avec ses propres ressources, sa technique, son corps en mouvement dans l’espace et le temps, la crudité de la condition humaine. Il allait pouvoir ici en réinventer le tragique. Ce pourrait être l’une des tâches de la danse. En Allemagne, quelques années plus tôt, Pina Bausch n’avait pas fait autre chose en créant le Tanztheater. Inspiré par l’écriture de Samuel Beckett, May B, avant de s’imposer au public comme une évidence, un classique, l’a d’abord choqué. On n’aimait pas ses personnages sans qualité, mal attifés, leur visage crayeux, leur mesquinerie, leur cruelle vulgarité, leurs risibles essoufflements, leurs obsessions. Et encore moins peut-être, la mort qu’ils croyaient fuir alors qu’ils pataugeaient dans son giron. La danse n’était pas faite pour montrer ça ni pour le dire. Et puis tout a changé. May B s’est peu à peu imposé à des publics de plus en plus nombreux, qui apprenaient de leur côté à regarder une danse contemporaine devenue effervescente. Et tandis qu’ils apprenaient à regarder, ces publics ont appris à comparer, à critiquer. Ainsi se fabrique en temps réel l’histoire d’un art. Quelque trente-cinq ans plus tard, il n’est pas exagéré de dire que May B appartient au public pour toujours.


chorégraphie Maguy Marin avec 10 interprètes
musiques originales Franz Schubert, Gilles de Binche, Gavin Bryars
costumes Louise Marin



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mercredi 1er et jeudi 2 avril à 20:30
maison de la culture salle Jean Cocteau
durée 1 heure 30



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