MELANIE LAURENT

Mélanie Laurent

 

« Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous » a écrit Paul Éluard et cette affirmation du poète correspond assez parfaitement au parcours étonnant de Mélanie Laurent. À 14 ans, une première rencontre sur un tournage où elle est venue par curiosité avec une amie va changer sa vie. Gérard Depardieu cherche une jeune actrice pour son film Un pont entre deux rives (1999). Sans aucune expérience, la très jeune Mélanie Laurent devient actrice de cinéma tout en poursuivant ses études. Dix-sept ans plus tard, elle aura interprété trente et un rôles au cinéma et six à la télévision, et aura reçu sept prix d’interprétation, dont le César du meilleur espoir féminin en 2007, pour son rôle dans le film de Philippe Lioret, Je vais bien, ne t’en fais pas. Une carrière nationale et internationale puisque Mélanie Laurent jouera en particulier pour Quentin Tarantino (Inglourious Basterds, 2009), Mike Mills (Beginners, 2011), Bille August (Un train de nuit pour Lisbonne, 2013).

 

Ce parcours d’actrice n’est qu’une des facettes de cette artiste qui trace un chemin très personnel dans un univers cinématographique peu habitué aux itinéraires parallèles. En 2008, elle réalise deux courts métrages, De moins en moins et À ses pieds, préludes à ses trois longs métrages Les Adoptés (2011), Respire (2014) et Plonger, dont elle vient de terminer le tournage.

 

Une nouvelle aventure se présente lorsqu’elle rencontre Pierre Rabhi – poète, romancier, essayiste et agriculteur bio – et Cyril Dion, cofondateurs du mouvement Colibris qui se mobilise pour « la construction d’une société écologique et humaine ».

 

Sensible depuis longtemps à la cause écologique et au devenir de la planète, cherchant un moyen de dépasser le sentiment d’impuissance que l’on peut ressentir devant l’immensité de la tâche, Mélanie Laurent s’engage dans la réalisation du film-documentaire Demain (2015). Avec ses camarades écologistes, elle va parcourir les quatre coins de la planète, là où des initiatives nouvelles, des expériences peu connues, pourraient inverser le mouvement de destruction engagé depuis des dizaines d’années. Récompensé par le César du meilleur documentaire en 2016, ce film optimiste a rencontré un réel succès public en France et à l’étranger.

 

Un autre rendez-vous, littéraire celui-là, va marquer l’entrée de Mélanie Laurent dans la mise en scène théâtrale, avec la lecture du roman de l’auteur américain James Frey, Le Dernier Testament de Ben Zion Avrohom. Jusqu’à cette date, l’actrice avait eu deux expériences au théâtre, dans Le Grand Mezze avec Édouard Baer (2002) et Promenade de santé de Nicolas Bedos (2010). En lisant le texte de James Frey, il lui apparaît très clairement qu’il n’y a que le théâtre qui puisse le faire entendre, parce qu’il a « le pouvoir de l’évocation » contrairement au cinéma « contraint à une forme de réalisme ». Elle sera la metteure en scène de cette adaptation qu’elle réalise avec Charlotte Farcet, dramaturge des spectacles de Wajdi Mouawad.

 

Un rendez-vous en entraînant un autre, c’est ce projet de théâtre qui amène Mélanie Laurent à la Comédie puisque Jean-Marc Grangier lui propose non seulement de programmer ce spectacle dans la saison, mais d’aller plus loin encore dans une collaboration artistique qui ne se limiterait pas à ce projet. Heureuse de s’inscrire dans le temps d’une résidence de trois ans et dans un territoire à découvrir, l’Auvergne, elle accepte cette invitation à poser régulièrement ses valises dans un lieu de création qu’elle partagera avec Fabrice Lambert et Johanny Bert. Apportant ses compétences de réalisatrice de documentaire, elle a imaginé pour les prochaines années un travail avec les élèves du lycée agricole du Vernet-la-Varenne, à partir de la mise en place d’un jardin potager éco-citoyen, pour en suivre l’évolution au fil des ans et présenter régulièrement, sous des formes théâtralisées et/ou filmées, les étapes de cette aventure. Elle réfléchit aussi à une autre forme théâtrale qui réunisse l’agitprop (agitation et propagande), avec des textes sur l’écologie, et le biopic, autour de la vie et de l’œuvre de Léon Thérémine, inventeur du premier instrument de musique électronique, pour « révéler les liens entre le génie créateur d’un individu et l’éveil collectif et citoyen des consciences ».

 

Artiste éclectique, combattante à sa manière pour des causes qu’elle juge essentielles, toujours pleine de projets qui se complètent et se nourrissent, Mélanie Laurent manifeste une foi « dans l’acte individuel et dans sa puissance » pour tenter de vaincre les inquiétudes d’un monde à l’avenir menacé. Elle veut agir là où elle en a le pouvoir, sans crainte, avec la certitude que rien n’est pire que le silence de la résignation.

 


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