Hate Radio

Théâtre


Hate Radio

Milo Rau


Ils parlent, ils chantent, ils dansent, ces animateurs de la Radio-Television Libre des Milles Collines à Kigali (Rwanda), enfermés dans leur bulle de verre. Nous les regardons, nous les écoutons et nous assistons à l’enregistrement ordinaire d’une émission qui alterne informations politiques, récits des événements quotidiens, diffusion des musiques les plus populaires. Mais très vite nous comprenons qu’il ne se passe en vérité rien d’ordinaire dans ce confortable studio, car de l’autre côté des portes vitrées se déroule une guerre civile qui en quelques semaines, d’avril à juillet 1994, va faire plusieurs centaines de milliers de victimes parmi les communautés Tutsis et Hutus modérés. Ce que l’on entend débiter sur un ton badin sont en fait de véritables appels à la haine, de véritables appels au meurtre, de la part de ces journalistes engagés dans une croisade purificatrice contre leurs ennemis qualifiés de « cafards ». Ils seront la voix la plus virulente du génocide dans lequel ils s’inscrivent. Meurtriers par procuration, meurtriers aux mains blanches, ils boivent, ils rient, ils dansent sur un volcan qui crache une lave de sang. Les mots tuent quand ils sont prononcés dans ce studio, cette arène sanglante reconstituée au plus près de ce qu’elle fut par Milo Rau, metteur en scène, essayiste et réalisateur suisse, obsédé par la question de la violence dans la société et remarquable dans sa manière de mettre en scène de puissantes reconstitutions. Tous les mots entendus ont été prononcés, tous les personnages ont vraiment existé. Interprété par des comédiens dont certains sont des survivants du génocide, ce théâtre documentaire nous fait pénétrer dans l’atmosphère qui régnait au Rwanda, sans entendre les cris des victimes, sans voir le tumulte des massacres. À l’écoute de ces « croisés de la haine », Milo Rau nous travaille au corps et nous projette au cœur d’un racisme banalisé à l’extrême. On comprend mieux alors comment se fabrique une langue assassine, une langue qui sait si bien utiliser les sous-entendus et les plaisanteries pleines de bon sens populaire, pour manipuler ceux qui vont prendre les machettes et participer à l’extermination.


Idée, texte et mise en scène Milo Rau

Dramaturge et production Jens Dietrich

Scénographie et costumes Anton Lukas

VIdéo Marcel Bächtiger

Son Jens Baudisch

Avec Afazali Dewaele, Sébastien Foucault,

Diogène Ntarindwa, Bwanga Pilipili

Témoignages vidéo Estelle Marion, Nancy Nkusi


Lire l’entretien avec Milo Rau

 

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Autour du spectacle

Rencontre avec l’équipe artistique 

Jeudi 12 janvier à l’issue de la représentation

 

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Projection de documentaires de Milo Rau

Hate Radio et Les Derniers Jours des Ceausecu

Samedi 14 janvier à 17:00 

Salle Georges-Conchon, Rue Léo-Lagrange

Entrée libre – réservation recommandée 

auprès de la billetterie


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Mardi 10, mercredi 11, jeudi 12

et vendredi 13 janvier à 20:30

Cour des trois coquins

Durée 2 heures



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> Entretien avec Milo Rau à propos du spectacle