Waste

Théâtre

Artiste associé - Création 2016


Waste

Guillaume Poix

Johanny Bert


Se pose-t-on régulièrement la question de savoir où disparaissent les millions d’ordinateurs, smartphones et tablettes en tout genre, qui chaque année sont jetés par leur propriétaire, séduit par un modèle plus performant ou plus à la mode ? Ou préfère-t-on ne pas savoir craignant des réponses désagréables ? Il faut en effet aller très loin pour trouver la trace de ces lieux où s’entassent nos indispensables compagnons de vie. C’est dans la décharge d’Agbogbloshie, au Ghana, que le jeune auteur Guillaume Poix les a retrouvés, au milieu de monticules monstrueux de déchets numériques, bourrés de produits polluants, que fouillent inlassablement des centaines d’enfants ghanéens à la recherche de pièces revendables. Ce n’est pas par hasard si ces déchets se retrouvent entassés là, puisqu’en juillet 2006, Lawrence Summers, ex-secrétaire d’État au Trésor de Bill Clinton, déclarait : « Les pays sous-peuplés d’Afrique sont largement sous-pollués. La qualité de l’air y est d’un niveau inutilement élevé par rapport à Los Angeles ou Mexico […] Il faut encourager une migration plus importante des industries polluantes vers les pays les moins avancés […] et se préoccuper davantage d’un facteur aggravant les risques d’un cancer de la prostate dans un pays où les gens vivent assez vieux pour avoir cette maladie, que dans un autre pays où deux cents enfants sur mille meurent avant d’avoir l’âge de cinq ans. » En écrivant Waste, Guillaume Poix ne s’est pas engagé dans un théâtre documentaire réaliste mais a inventé une fiction théâtrale peuplée de personnages pour lesquels il a créé une langue imagée à la poésie brute, mélange étonnant de français, d’anglais, de néologismes et d’argot. Une langue faite de résidus variés de nos parlers quotidiens, pour faire vivre ce lieu d’apocalypse moderne où l’humain survit coûte que coûte. Renouvelant à nouveau les formes de son théâtre pour acteurs et marionnettes, cette fois-ci avec des personnages en cire, Johanny Bert met en scène ce texte puissant et percutant qui, au-delà de toute culpabilisation ou misérabilisme, lui apparaît comme une fouille presque archéologique du pouvoir et de la force de l’humain.


Texte Guillaume Poix

Dramaturgie Pauline Peyrade

Conception et mise en scène Johanny Bert

Assistante à la mise en scène Barbara Tobola

Marionnettes Christophe Kiss

Scénographie Amandine Livet

Création sonore Fred Jarabo

Lumières Danielle Milovic

Costumes Eléonore Cassaigneau

Avec

Jane Friedrich, Térence Rion, Miami Themo, Assane Timbo


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Mardi 28, mercredi 29, jeudi 30

et vendredi 31 mars à 20:30

Maison de la culture salle Boris-Vian

(entrée rue Abbé-de-l’Épée)

durée 1 heure 30



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